
Tu liras ci-après la lettre ouverte adressée par l'AVF (Association Végétarienne de France) au premier ministre danois alors que va s'ouvrir, dans 6 jours, le Sommet de Copenhague sur le
changement climatique.
Je recommande aux lecteurs proches du collectif Ultimatum Climatique (11 associations et ONF) de bien prendre connaissance de ce texte et par la suite, d'arrêter de nous bassiner avec
leurs actions à la con, type la Flash-Mob qui sera organisée à Paris le 05 décembre.
Ces gesticulations vaines, à visée purement médiatique, ne peuvent que masquer l'essentiel : moins de viande, c'est moins de réchauffement. Ainsi, en France, une seule journée 100 % végétal par
semaine équivaudrait à supprimer plus de 5 millions de véhicules sur les routes.
"Le Sommet de Copenhague est une étape cruciale dans la lutte contre le réchauffement climatique. Chacun s'attend à ce que les discussions soient nombreuses et intenses ; or, le monde est en
attente non seulement de paroles, mais aussi de gestes.
Nous avons l'honneur de vous soumettre l'idée d'instaurer lors de ce Sommet des menus présentant une empreinte carbone la plus basse possible, c'est-à-dire
des menus végétariens et, mieux encore, végétaliens, pour tous et pour tous les jours.
Ceci serait un geste symbolique très fort marquant la volonté des participants de refréner l'emballement climatique.
L'excellence de la cuisine végétale n'est plus à prouver, et c'est l'occasion de démontrer qu'il est des choix qui ne coûtent rien en terme de confort au quotidien, mais qui apportent énormément
en terme d'impact écologique.
En effet, l'exploitation des animaux d'élevage est un des facteurs majeurs - si ce n'est le principal - de pollution de la planète, d'émission de gaz à effet de serre, et d'érosion de la
biodiversité, tant terrestre que marine [Livestock's Long Shadow, FAO, 2006].
Étant donné l'ampleur des dégâts, on ne peut décemment l'ignorer sans cesse, sous peine même de paraître peu informé des problèmes de notre époque [Rajendra
Pachauri, Chairman, IPCC, Less Meat, Less Heat: Impacts of livestock on climate change, 2008].
Il est à noter que l'exploitation des animaux marins contribue à notre empreinte carbone - à poids égal produit - autant que le secteur de l'aviculture [Brussels Instituut voor milieubeheer, 2008
and DEFRA, UK, 2006]. La forte consommation en énergie fossile des flottes de pêche et la faible efficacité énergétique de l'aquaculture rendent illusoire le remplacement de la viande par le
poisson en termes d'empreinte carbone [Diet, Energy and Global Warming, Earth Interactions, 10 (9), 2006].
Mais ce n'est pas tout…
• Les animaux d'élevage sont un gouffre à protéines, à calories, à énergie, avec des pertes avoisinant 90 %, et une rentabilité aussi désastreuse n'est
durable - dans nos pays industrialisés - que grâce à l'argent des contribuables [The livestock industry and climate - EU makes bad worse, Jens Holm & Toivo Jokkala, 2008]
• L'élevage est une cause directe de déforestation - et par conséquent d'émission de carbone - dans des zones sensibles comme l'Amérique du Sud [Slaughtering
the Amazon, Greenpeace, 2009]
• Il faut 8 fois plus d'eau pour produire une calorie d'origine animale qu'une calorie d'origine végétale [Saving Water: from Field to Fork. SIWI,
2008]
• La consommation d'animaux marins, quant à elle, entretient l'industrie de la pêche et donc la surexploitation des océans (37 % des espèces de poissons sont
menacées), le gaspillage (pour 2 kg de poissons capturés destinés à la consommation humaine, 1 autre kg est rejeté mort à la mer et 1 autre kg est transformé en farine) et la pollution des
écosystèmes côtiers par l'aquaculture (l'aquaculture de saumon en Écosse rejette quotidiennement autant de déjections que les habitants d'Édimbourg).
Et ce ne sont que quelques exemples…
Dans un pays comme le nôtre, la France, près d'un quart des émissions de gaz à effet de serre sont le fait des animaux entretenus ou pêchés pour notre consommation. Toujours en France, une seule
journée 100 % végétal par semaine équivaudrait à supprimer plus de 5 millions de véhicules sur les routes.
La réalité est que la « civilisation de l'animal de consommation », telle qu'elle est poussée aujourd'hui dans ses extrêmes productivistes et propagée dans
le monde entier par l'exemple occidental, est un des meilleurs leviers pour détruire la civilisation tout court.
- Depuis 2000, la calotte glaciaire du Groenland a perdu quelque 1 500 milliards de tonnes et les glaces du Groenland contiennent suffisamment d'eau pour provoquer une montée du niveau des océans
de sept mètres [Science 13 November 2009: Vol. 326. no. 5955, pp. 984 – 986].
- Le permafrost contient deux fois plus de carbone que ce qui est déjà présent dans l'atmosphère et sa fonte serait catastrophique [Bad Sign for Global
Warming: Thawing Permafrost Holds Vast Carbon Pool, University of Florida, 2008]
On ne peut plus passer sous silence le rôle crucial des gaz à effet de serre provenant des activités d'élevage, de pêche et d'aquaculture dans le réchauffement général et ses conséquences.
C'est pourquoi nous vous prions d'user de votre autorité de responsable du pays d'accueil du Sommet, pour faire en sorte que les menus offerts aux participants soient végétaliens, ou au moins
végétariens. Le Danemark bénéficiant de savoir-faire variés, de multiples compétences, de nombreuses sources d'approvisionnement, cette option serait facilement accessible, hautement porteuse de
sens et de respectabilité, car prouvant vos connaissances au sujet des problèmes climatiques actuels.
Il ne tient qu'à vous, Monsieur le Premier ministre, que les peuples et les nations qui suivront avec attention le Sommet de Copenhague en retirent le sentiment que nos dirigeants sont décidés à
donner l'exemple. C'est l'occasion où jamais d'envoyer un signal fort.
Tous les repas du « contre-sommet »organisé par les ONG seront végétariens. Nous espérons que vous aurez la volonté de ne pas être en retrait mais au contraire à la pointe d'un choix de
comportement véritablement éco-responsable pour le Sommet."
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